25 novembre 2009
Lord Auch
Je vous le demande les filles... A quoi sert-il d'écrire des textes sur la débauche alors qu'il en existe déjà d'aussi beaux que celui-là ?
"A d'autres, l'univers paraît honnête. Il semble honnête aux honnêtes gens parce qu'ils ont les yeux châtrés. C'est pourquoi ils craignent l'obscénité. Ils n'éprouvent aucune angoisse s'ils entendent le cri du coq ou s'ils découvrent le ciel étoilé. En général, on goûte "les plaisirs de la chair" à la condition qu'ils soient fades.
Mais dès lors, il n'était plus de doute : je n'aimais pas ce qu'on nomme "les plaisirs de la chair", en effet parce qu'ils sont fades. Je n'étais nullement satisfait, au contraire, par la débauche habituelle, parce qu'elle laisse intacte une essence élevée et parfaitement pure. J'aimais ce que l'on tient pour "sale". La débauche que je connais souille non seulement mon corps et mes pensées mais tout ce que j'imagine devant elle et surtout l'univers étoilé..."
G. Bataille, Histoire de l'œil, 1967, Jean-Jacques Pauvert, éditeur.
Ce livre très cru, à déconseiller à ceux qui n'aiment pas ce qui est très "sale" est aujourd'hui édité dans la collection "Imaginaire" de Gallimard. Il laisse en effet rêveur, avec de quoi imaginer. Que ne puis-je en faire la lecture à haute voix, dans le plus sobre des déshonneurs, à mes centaines de millions de lectrices... ?
Pourquoi me refuser cette joie les filles ? Vous dites m'aimer, mais vous m'assombrissez.
19 novembre 2009
Au delà du principe de plaisir
Ses principaux objets fétiches comme ceux de ses héros sont les chaussures, les fourrures, le fouet et les casques étranges dont il aimait affubler les femmes. Vous l'avez reconnu les filles, il s'agit de Sacher-Masoch, ce cher Leopold von Sacher-Masoch.
Folle entreprise que d'évoquer face à des centaines de millions de lectrices ce monsieur qui a donné son nom au masochisme. Il s'est du reste indigné de cette célébrité, acquise de son vivant, et trouvait fort peu glorieux d'avoir un nom qui désigne une perversion pour les cliniciens.
Ironie du sort, une fois mort, la célébrité qui n'était plus gênante et qui aurait pu lui assurer la gloire éternelle... se dissipa au profit du sadisme. Ce déclin fut tel que le masochisme fut vassalisé, réduit à une variante du sadisme, toujours accolé à lui, précédé par lui, notamment dans la sacro-sainte expression "sado-masochisme".
C'est contre cette terrible injustice que je me lève les filles. Les univers du sadique et du masochiste sont bien différents et rien ne justifie une telle proximité, sauf ma voisine peut-être. T. Reik, théoricien de référence, a fort bien établi la spécificité de la symptomatologie du masochisme. Il montre que le masochiste n'éprouve qu'un plaisir secondaire dans la punition et que c'est seulement après la punition qu'il est dans la plénitude du plaisir.
Mais surtout, l'univers du masochisme est articulé autour de l'importance du contrat. C'est par le contrat que le masochiste assure sa relation avec son partenaire et lui confère tous les droits pour un temps limité. Le sadisme est totalement étranger à cela. C'est une pensée politique en rupture avec le cadre contractuel qu'elle éclate et déborde de toutes parts.
La psychanalyse distingue également nettement ces deux mondes, avec la figure du père qui joue une rôle important dans le sadisme (sur la base de la négation de la figure maternelle) mais qui n'est pas présente dans l'univers masochiste, peuplé au contraire d'une symbolique intermaternelle et de types d'idéal féminin.
La suite sur mon divan (Cf. illustration).
Evidemment, lorsque vous portez des chaussures à talons, que vous vous faites punir et malmener... pour jouer avec vos amants du moment... vous ne relevez pas de ces catégories et de ces analyses. Vous "faites pour de faux" et ces jeux ne monopolisent pas la structure de votre plaisir. Mais vous avez bien raison d'en profiter quand même.




05 novembre 2009
La passion du Christ
Vous le savez les filles, dans la vie, j'ai deux passions : la sainteté et montrer ma bite.
Il n'est pas simple d'accorder de telles passions et les occasions de se délecter des deux en même temps sont bien rares. Sauf évidemment quand je me prends pour le Christ qui apparaît en vision à Sainte Thérèse d'Avila.
C'est elle qui en parle le mieux : "Dans ses mains, je voyais une grande lance dorée, et à son extrémité, il semblait y avoir une pointe de feu. Il me la plongea plusieurs fois dans le cœur, en sorte qu'elle pénétra mes entrailles. Quant il la retira, je sentis qu'il les arrachait avec elle et je restais totalement consumée par le grand amour de Dieu. La souffrance était si sévère qu'il m'échappa quelques gémissements. La douleur causée par cette peine intense est si extrême qu'il est impossible de vouloir qu'elle cesse."
C'est dans ce sens au moins que l'on peut dire que la sainteté et l'érotisme ont quelque chose en commun : une intensité extrême qui peut nous bouleverser jusqu'au bout... et qui nous permet de ne pas reporter notre existence à plus tard.

25 octobre 2009
Déjà la cognée est à la racine des arbres
Bonjour les filles,
Aujourd'hui, j'ai cherché à rejeter loin de moi l'image de vos seins gorgés de désir et de vos fesses de marbre et d'airain... C'est donc dans la lecture de l'évangile de Matthieu que je me suis plongé corps et âme. Je pensais trouver dans la généalogie de Jésus de quoi me détourner de vous.
Et qu'ai-je lu ? Des listes de noms, de prénoms... dont certains étaient féminins. Thamar, Rahab, Ruth, Bethsabée... (Je suis certain que parmi mes centaines de millions de lectrices, il y en a une qui s'appelle Thamar... Thamar, si tu m'entends, viens ! Laisse les morts enterrer leurs morts et appelle-moi ! Maintenant ! Tu auras le vit éternel !)
Bref, je pensais trouver la quiétude dans la prestigieuse ascendance de notre sauveur, même si celle-ci n'est que pure création apologétique. Quelle naïveté !
Thamar... Celle qui s'est déguisée en prostituée pour séduire son beau-père.
Rahab... fille de joie et de déshonneur.
Ruth... qui a intrigué pour mettre Booz dans sa couche.
Bethsabée... femme d'Urie mais pourtant maîtresse de David.
Argllll les filles, vous êtes partout : vous répudiez la foi de vos pères, vous outragez la loi, vous obscurcissez la grâce mais finalement, pour baiser, c'est pas gênant.
17 octobre 2009
Deux utopies
L'érotisme nous laisse, comme la sainteté, dans la solitude.
Je ne vous apprends rien les filles.
De même que vous n'êtes pas sans savoir que les comparaisons entre la sainteté et l'érotisme sont légions.
Le marquis de Sade et Saint Ignace de Loyola ont par exemple quantité de traits en commun. Chez les deux, on trouve la même volupté de classification, la même frénésie de découpage du corps (corps du Christ découpé en mystères ou corps de la victime partagé entre différents sévices), la même importance de l'énumération (des péchés ou des supplices).
Chez les deux, on observe l'importance de l'isolement, de la retraite ou même de la cellule (dans un monastère ou dans un chateau isolé). Pour Sade comme pour Ignace de Loyola les séquences (la retraite, l'exercice spirituel ou la séance de débauche) sont soumises à un ordre supérieur : celui du directeur de retraite ou du grand libertin. Chez les deux d'ailleurs, les pratiques (religieuses ou sexuelles) sont dominées par une grande idée de l'ordre.
Chez les deux, le vêtement, la nourriture, la parole, la division de leur société sont réglementés, orientés, raisonnés à dessein. Dans la pratique du libertin comme dans celle du jésuite, le sacré est primordial. Positivement pour le religieux, dans la sacrilège pour Sade qui n'hésite pas à faire des religieux pervertis les plus grands et les plus cruels des libertins... et qui va même jusqu'à faire "enculer une jeune fille avec une hostie".
D'ailleurs, j'irais bien à la messe de minuit, là d'un coup...
Un saint dans sa cellule
10 octobre 2009
Je connais mes droits
Vous le savez les filles, je suis un spécialiste internationalement reconnu du mariage. Souvent, dans les colloques, dans les garden-parties, dans les aéroports ou dans les bordels, des filles me demandent ce qu'il faut penser du mariage.
Débonnaire, je les instruis sans compter ma peine.
Souvent, je leur parle des droits de la mère sur les enfants. Il y a en effet plusieurs sortes de mariage. Dans certains mariages, le père n'a aucun droit légal sur les enfants. C'est le cas des mariages chez les Nayars dans le sud de l'Inde. Évidemment, je leur conseille vivement d'épouser un Nayar... et il n'est pas impossible que par faiblesse, je me sois parfois présenté à certaines comme un authentique Nayar.
Je leur conseille en tout cas d'éviter si possible les systèmes qui excluent tout droit de la famille maternelle. C'était par exemple le système du droit romain. Je les exhorte donc à fuir comme la peste les légionnaires romains et leur gros pilum.
Heureusement, les systèmes fondés sur l'exclusivité des droits du père ou de la mère sont exceptionnels. La plupart des sociétés et des mariages fonctionnent sur des systèmes mixtes de droits bilatéraux. Mais les partages du droit sur les enfants différent beaucoup et parfois au sein d'une même société.
Dans certains groupes, en Malaisie, les enfants appartiennent au père lorsqu'il s'est acquitté en totalité du prix de sa fiancée. Si le paiement n'a pas eu lieu, les enfants appartiennent à la mère et à sa famille. Des faits semblables ont été observés au sud du Nigeria.
Ces variations vous mettent, vous, les filles aux cuisses de marbre et aux sexe de miel, dans une position fort délicate : si vous voulez avoir tous les droits sur vos enfants, il faut choisir un mari pauvre, fauché, misérable. Si vous voulez un homme fortuné, il faudra renoncer à ce que légalement, vos enfants vous appartiennent. Non mais oh. Je ne parle bien sûr que de certains systèmes familiaux et matrimoniaux, en Afrique et en Asie... mais c'est là, j'ignore pourquoi, que je vous imagine trouver l'homme qui vous comblera enfin et que vous épouserez pour le pire du meilleur et le meilleur du pire.
Je dis que cela vous apprendra à tout vouloir, tout de suite, tout le temps.

06 octobre 2009
Du haut de ces pyramides...
Vous n'allez pas me croire les filles. Je pars en croisière sur le Nil.
Ordinairement, j'aurais - comme je le fais à chaque fois - volontiers organisé un tirage au sort afin d'emmener une dizaine d'entre-vous dans mes bagages... mais là je pars seul. Dans le bas Nil.
Tout à commencé dans le métro vers 17h30. Je lisais (à voix haute) un très vieux manuel d'érotologie orientale. Et voici qu'à Bastille, je tombe sur ce passage : "Les femmes byzantines passent pour avoir le sexe très sain mais on leur reproche de l'avoir sans fond et large. Les espagnoles sont les plus belles, les plus parfumées. Les Indiennes, les Chinoises, les Slaves sont les plus moches."
Évidemment, dès Louvre-Rivoli, la rame de métro a été le théâtre d'un débat passionné. Des barcelonaises exultaient, montrant leurs seins ; un monsieur menaçait l'assistance avec son index en hurlant que sa femme était russe... J'ai du changer à Concorde.
J'ai lu la suite en silence : "Les Nubiennes ont des vagins très chauds, des postérieurs plus fournis. Les femmes turques ont le sexe froid. Elles ont l'intelligence fort vive mais sont rancunières. Les Egyptiennes savent tenir les doux propos qui conviennent. Les plus agréables à coïter parmi les Egyptiennes sont les femmes du haut Nil. Mais celles du bas Nil ont les sexes les plus gros et les paysannes sont les plus insatiables." Alors forcément, j'ai déjà réservé un vol pour Le Caire.
Elles vont enfin voir ce qu'est une vraie pyramide.
03 octobre 2009
Jean Pierre, mon latin !
Hey les filles !
Je le sais, vous vous agenouillez souvent, extatiques et dévotes... devant des tableaux du Christ en croix. Ne niez pas, je connais le profil de mes centaines de millions de lectrices. Pourquoi pas après tout ? Je comprends votre émoi et votre penchant pour la pâmoison.
Mais savez-vous que pendant des siècles ces représentations ont posé aux peintres d'énormes problèmes liés à la nudité du crucifié ? Suppliciés, flagellés, les crucifiés étaient nus. Mais bien sûr, s'agissant de la crucifixion du Christ, il n'était pas concevable de montrer le Seigneur dans le plus simple appareil.
C'était d'autant moins imaginable qu'il aurait fallu le représenter circoncis et on touchait là un autre tabou. N'avez-vous jamais remarqué que le David de Michel-Ange n'est curieusement pas circoncis ? Vous qui avez passé des heures à vous déshonorer devant cette statue, vous auriez pu vous en rendre compte.
Quoi qu'il en soit, il fallait bien affirmer que Jésus Christ était un homme véritable, complet dans ses propriétés, notamment pour lutter contre les hérésies qui professaient que Jésus n'était humain qu'en apparence. Mais il n'était pas pensable de dévoiler sa nudité. Sauf en le représentant enfant. Là, c'était permis.
Mais sur la croix et dans l'agonie ?
On a donc peint Jésus ceint d'un voile en dessous duquel sa virilité était visible, mais pas trop quand même hein... ne vous emballez pas. Cependant avec les siècles, certains peintres prirent leur distance avec toutes ces infinies précautions. La pleine humanité du Sauveur était de plus en plus évidente, comme dans Le Christ mort, de Mantegna (1500 - Cf. ci-dessous).
Et de relâchements en audaces, advint ce qui devait arriver : un tableau du Christ supplicié en érection, de Maerten Van Heemskerck, artiste original du début du 16ème siècle. Je vous devine déjà, absorbées dans la méditation de son talent.
Crucifixion - Érection - Résurrection : la belle équation que voilà.
27 septembre 2009
Fulguro-Strip
Les filles, n'avez-vous jamais remarqué qu'il n'y a pas de strip-tease dans l'œuvre de Sade ? Le corps est immédiatement dévoilé... sauf en quelques rares moments, pour quelques jeunes garçons dont on laisse tomber négligemment la culotte au bas des cuisses. Brrrr....
Pourquoi cette abscence de strip-tease ?
Pourquoi
cette pratique si délicieuse dont vous usez, abusez, surabusez,
malmenant ainsi mes pauvres nerfs malades, est purement et simplement
inexistante dans les livres de Sade ?
Probablement parce que l'effeuillage progressif est un récit, composé avec tous les codes de l'énigme. Il y a un secret promis mais caché, suspendu (avec plus ou moins de bonheur) puis enfin révélé. Ce secret, c'est le sexe de celui ou celle qui se déshabille, afin qu'il puisse être - toujours en dernier, révélé, regardé, admiré.
Mais chez Sade, il n'y a aucun secret du corps. Cela ne l'intéresse pas. Le sexe d'une femme n'est pas là pour être suggéré, dévoilé et admiré. L'aventure commence après. Le sexe est juste là pour être violenté. Le point de départ ne peut être que le corps nu.
Bien entendu, mon blog et moi, nous nous insurgeons contre ce manque absolu de romantisme et nous invitons nos centaines de millions de lectrices à nous envoyer des photos de leur dernier strip-tease. Si nous agissons ainsi les filles, nous vaincrons.
Au passage, j'ai inventé le strip-tease où l'on ne dévoile que le sexe. C'est plus fulgurant.
19 septembre 2009
Je sabre...
On lit dans le Talmud de Babylone, à propos du vin des Gentils : "Leur vin était interdit, à cause de leurs filles" (Avoda Zara 36b). Boire le vin des non-juifs pouvait favoriser les relations sexuelles avec leurs filles.
Certes, le risque est grand.










