22 février 2009
Mille
Le billet précédent doit tout à deux auteurs majeurs : Nefzâwi et Suyûti (16e pour les deux) qui sont des références incontournables pour qui s'intéresse aux secrets de l'érotologie orientale.
La légende raconte que Nefzâwi était condamné à mort et que pour sauver sa tête, il promit au souverain qui voulait le liquider d'écrire un livre capable de réveiller son ardeur épuisée. Mais rien n'indique que le monarque ait effectivement retrouvé ses érections de jeunesse.
Si ce livre nous est parvenu, nous n'avons malheureusement aucune trace d'un autre ouvrage, écrit plusieurs siècles avant (9e siècle), par une femme hindoue connue en son temps pour avoir eu mille amants. Cette courtisane a couché... sur le papier toutes les leçons tirées de cette expérience sexuelle qui a du nécessiter autant de patience que de bravoure. Ce livre qui avait pour titre Al afya (Le millier) était semble t-il illustré de dessins érotiques à damner un brahmane. Hélas, pas même une pâle copie du texte ne nous est parvenue. Vous savez donc les filles, ce qui vous reste à faire. Coucher avec mille hommes (encore quelques dizaines quoi) et écrire vos mémoires, afin de redonner au patrimoine mondial de l'humanité le genre de chef d'œuvre qui lui manque si cruellement.
Et maintenant, voici des photos vraiment très intéressantes :
15 février 2009
Petits secrets
Vous avez une chance folle les filles !
Rien que pour vous et dans l'espoir de recevoir en échange des photos de vos seins, je vais vous révéler d'authentiques secrets de la tradition et de la pharmacopée orientales...
Grâce à ces secrets qui nous sont parvenus du fond des âges vous allez enfin pouvoir résoudre les milles petits problèmes toujours susceptibles de se poser aux diablesses enfiévrées de votre genre.
Vous voulez rendre votre mari impuissant pour ne plus vous consacrer qu'aux relations adultérines ? Enduisez le sexe de votre amant de bile de loup juste avant qu'il ne vous prenne comme un forcené. Lorsque viendra le tour de votre insupportable mari, ce sera l'heure de sa dernière érection.
Vous avez eu un accident de préservatif ? Buvez donc un verre d'urine de bélier châtré (véridique !) et vous serez certaine de ne pas tomber enceinte.
Le sexe de votre amoureux présente quelques imperfections d'ordre esthétique ? Faites macérer des sangsues dans de l'huile, le tout dans un récipient que vous aurez pris soin d'enfoncer dans du fumier chaud. Enduisez ensuite régulièrement sa verge de ce mélange. La sienne ou la mienne d'ailleurs...
Votre amoureux a des éjaculations hâtives ? Une cure de miel et de noix de muscade et vous regretterez l'époque où votre Dom Juan ne pouvait pas vous besogner pendant des heures.
Votre amant a des érections défaillantes ? Frottez son membre avec du lait d'ânesse ou de la graisse de chameau.
Et si les problèmes persistent, n'hésitez pas à recourir à cette recette qui permit jadis à un sultan de Tlemcen de déflorer quarante vierges en une seule nuit. Il faut les testicules de trois poulets mâles, du gingembre vert, de la noix de muscade, de l'essence de piment, du tubipore, du clou de girofle, de la cannelle, du sel d'Haydarabad, un quart d'once de safran. Pilez et malaxez avec du miel écumé. Mettez le tout dans un bocal en verre hermétiquement fermé et laissez le près d'un feu pendant trois jours et trois nuits jusqu'à ce que le mélange s'épaississe. Donnez à votre amant - juste avant l'étreinte, l'équivalent d'un grain de lentille de cette mixture et son membre ne pourra plus ramollir (à moins de lui faire boire du vinaigre).
Et si vous voulez allonger la verge de votre homme ou devenir de véritables sorcières lubriques (pour les rares d'entrevous qui ne l'êtes pas déjà), j'ai également quelque chose en magasin.

09 février 2009
L'excès
Plusieurs fois, dans ce blog solide comme l'ennui, j'ai transporté mes centaines de millions de lectrices vers les mondes grecs et romains.
Parfois (comme ici) pour souligner les formes de continuité qui existaient entre la morale sexuelle de l'Antiquité et celle de la Chrétienté. Parfois (comme ici) pour évoquer les conduites qui étaient gravement réprouvées, à Rome comme à Athènes, la passivité sexuelle tout particulièrement (qui n'a rien à voir avec l'homosexualité).
Mais il n'y a pas que la passivité charnelle qui était immorale. L'excès l'était également. La question morale n'était donc pas celle du type de plaisir mais celle de l'intensité avec laquelle on était porté par ce plaisir.
Pour Platon la luxure n'a ainsi rien à voir avec une mauvaise volonté de l'âme mais renvoie bien à une pathologie de l'excès (le sperme, au lieu de rester enfermé dans la moelle, déborde et ruisselle à travers tout le corps provoquant l'excès de désir).
Peu importait donc que l'on fasse savoir sa préférence pour tel ou tel type de désir, homosexuel ou non. L'important était que l'on sache rester dans la mesure et dans la tempérance et que les pratiques passives (fellation passive, se faire sodomiser) soient réservées aux esclaves, aux garçons ou aux femmes.
C'est dans ce sens au moins que l'on peut dire que ce blog est redevenu puissamment chiant.
01 février 2009
L'égalité, enfin !
L'heure est grave les filles.
Vous avez toutes rêvé d'étreintes tropicales avec un bel amant à la peau noire. Et si vous avez fait et refait ce genre de rêve éveillé, c'est pour une raison au moins... raison que la morale réprouve.
Lisez donc La légende du sexe surdimensionné des noirs de S. Bilé (Le Serpent à plumes, 2005) et tous vos rêves s'écrouleront. Ce mythe a pris naissance à l'époque où l'homme noir était pensé comme sauvage, animal et bestial avec tout le corolaire des attributs physiques censés accréditer un racisme qui allait devenir ordinaire. Mais derrière cela, et au risque de vous décevoir, il n'y a que la construction fantasmée d'une image destinée à servir un discours d'aliénation. C'est tout de même beau et poignant ce que je dis non ?
Bien sûr, il y a des africains qui ont un sexe qui impose le plus profond respect et vous pouvez donc continuer à rêver un peu. Mais tous ne sont pas dans ce cas alors s'il vous plaît, reprenez-vous.
Ce billet, loin d'être rabat-joie, n'est donc rien d'autre qu'un formidable plaidoyer pour l'égalité des sexes.
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