26 mars 2009
Babylone
Des dizaines de milliers de lectrices m'ont fait part de leur indignation : Si j'évoque volontiers la morale sexuelle de l'occident chrétien médiéval ou celle de l'antiquité grecque et romaine, jamais non jamais, je n'ai daigné écrire un billet sur les mœurs en usage en Mésopotamie, il y cinq mille ans.
C'est tout simplement honteux.
Et pourtant, il s'en passait des choses à Babylone, à cette époque. Les restrictions étaient peu nombreuses, l'amour physique valorisé et les Dieux en personne étaient couramment invoqués pour que l'étreinte tienne toutes ses promesses. Sont ainsi parvenues jusqu'à nous des prières en vogue à l'époque, prières assez différentes de celles que l'Église chrétienne inculqua par la suite...
Voici un petit exemple d'incantation, adressée au ciel par les femmes pour implorer ainsi par avance leur amant : "Excite toi ! Excite toi ! Bande ! Bande ! Excite toi comme un cerf ! Bande comme un taureau sauvage ! (...) Fais-moi l'amour six fois comme un mouflon ! Sept fois comme un cerf ! Douze fois comme un mâle de perdrix !(...) Et moi, protégée par le dieu Ningirsu, je t'apaiserai !".
Personnellement, je trouve que le coup du mâle de perdrix, c'est un peu exagéré mais bon... Déjà le mouflon, c'est pas évident...
L'homosexualité n'était pas immorale et la sodomie était reconnue comme pratique contraceptive efficace. Mais le plus étonnant, c'est que certaines divinités elles-mêmes incarnaient l'amour sans entrave et la pratique des plaisirs libres.
C'est le cas de la déesse Inanna (en sumérien) que nous appelerons plutôt Ishtar (en akkadien), parce que ça m'excite plus et qui était connue pour n'être livrée qu'à ses seules passions. Libérée et charnelle, elle a inspiré de nombreux chants et de nombreux poèmes.
En voici un qui me faut la gaule évoque l'attente de ce qui fut sa première étreinte, dans les bras du dieu Tammuz (Dumuzi) : "(...) Lorsque, allongé contre moi, il pétrira mes seins laiteux et succulents / Lorsqu'il mettra la main sur ma vulve précieuse / Lorsque son membre, pareil à une proue, y livrera la vie (...)".
Est-ce que vous diriez à une homme "mets ta main sur ma vulve précieuse" les filles ? Mmmm ? Toujours est-il que l'enseignement que l'on peut tirer de ce poème est tout à fait sidérant : on peut s'appeler Tammuz et se faire des gonzesses.
Mais le plus beau n'est pas là. Non seulement les amours d'Ishtar et de Tammuz étaient célébrées et chantées, mais elles étaient aussi réalisées pour de vrai... par une nuit d'amour bien réelle entre le souverain du pays et une prêtresse spécialement choisie pour le rôle.
Voilà un dirigeant qui donnait l'exemple...


20 mars 2009
Cent
Pour le centième billet de ce blog solide comme l'ennui, je vous propose un peu d'action les filles.
Autrefois, les textes sur la transgression, la morale, l'histoire de l'Église, l'Antiquité, la psychanalyse, etc. se succédaient pour renouveler puissamment toute la pensée occidentale sur la sexualité.
Désormais, je mise tout sur l'action.
07 mars 2009
Couloir d'hôtel
La jeune fille qui s'occupe du courrier des lectrices (affectueusement surnommée Syphillia) m'a apporté de bien mauvaises nouvelles.
Vous êtes plusieurs centaines de millions à n'avoir que très modérément apprécié les précédents billets sur les secrets médiévaux de l'érotologie orientale.
En somme, on pourrait résumer ainsi votre analyse critique : Vous voulez du cul.
Je n'aurais jamais cru ça de vous... mais bon...
...
Bon. C'est à vous maintenant. Moi aussi je veux du cul. Non mais oh !
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