28 avril 2009
Serrons-nous la ceinture
Vous les filles, pour acheter des chaussures ou vous contorsionner pour regarder vos fesses dans un miroir, vous êtes très fortes.
Mais dès qu'il s'agit de passer des années dans des bibliothèques poussiéreuses pour élucider un des plus grands mystères de la sexualité en Occident, alors là, il n'y a plus personne. Franchement, je ne vous félicite pas.
Ce mystère, c'est celui des ceintures de chasteté.
Sur la question même de la chasteté, je ne peux que vous recommander la lecture d'un vieux billet subtilement illustré (ici) sur la façon dont elle était comprise et vécue par les premiers moines chrétiens.
Quant aux ceintures de chasteté, c'est effectivement un mystère non résolu.
Vous les filles, vous croyez que ces ceintures remontent à l'époque des croisades. Vous pensez que les chevaliers ont ainsi protégé la vertu de leur épouse avant de partir vers Jérusalem avec la clé. Or, rien n'est plus faux que ce préjugé tenace. Pour le dire autrement, vous êtes des cancres.
Certes, vous avez quelques circonstances atténuantes. Il existe des textes qui évoquent le souci de sauvegarde de la chasteté à cette époque ou un peu après : Cette clé d'or faite de main de maître, vous porterez et la conserverez car c'est la clé de mon trésor. Mais il s'agit de récits symboliques et de promesses romantiques. Entre nous d'ailleurs, je trouve tout à fait exagéré d'appeler son sexe "mon trésor".
Les ceintures de chasteté telles que vous les imaginez dans vos pires cauchemars ne sont apparues que bien plus tard, à la toute fin de Moyen-Age. Le problème est qu'à cette époque, il n'y a pas de motif bien clair capable d'expliquer leur apparition. Si bien qu'on ne sait pas trop à quoi servaient ces ceintures de fer qui enchâssaient des sexes de miel gorgés de désir incandescent semble t-il, venaient d'Italie.
Les hypothèses sur leur raison d'être et sur leur utilisation sont donc multiples et toutes sont fragiles. Un peu comme mes centaines de millions de lectrices en somme. S'agissait-il de protections contre le risque de viol ? Ou d'un accessoire érotique ? D'une garantie de fidélité conjugale pour femme déjà prises en flagrant délit d'adultère ? D'instruments de torture ? Tout est plausible. Ce qui est certain, c'est que le métier de serrurier avait à l'époque une autre dimension.
C'est dans ce sens au moins qu'on peut dire que la chasteté garde ses secrets (surtout pour vous les filles) et que ce blog est condamné à être éternellement solide comme l'ennui.
Absence consternante de ceinture de chasteté
25 avril 2009
Dur métier
A la fin du XIIe
siècle, alors qu’on construisait la cathédrale de Paris, les femmes de petite
vertu décidèrent d’offrir, comme tous les autres corps de
métiers, un vitrail à Notre-Dame.
Mais l’évêque de Paris s'y opposa.
De même, la jurisprudence médiévale leur refusa le droit de porter sur leur robe le moindre petit ornement. Un arrêté du prévôt leur interdit ainsi de porter ne serait-ce qu'une perle, un bouton doré ou argenté. Il leur était également interdit de border leur manteau de petit-gris ou d'écureuil.
Celles qui enfreignaient ces dispositions étaient arrêtées et leur robe confisquée. Les sergents qui parvenaient à ramener de telles prises au Châtelet étaient récompensés de cinq sous. Cet intéressement provoqua de nombreux abus et il fallut une ordonnance royale, prise au temps de l'occupation anglaise, pour enlever aux sergents de ville le pouvoir de confisquer ainsi les robes des filles de joie.
Vive l'Angleterre et vive le roi.
08 avril 2009
Noyons le poissons
Vous voyez les filles, je persiste à dire que vous ne lisez pas assez les manuels des confesseurs de notre Moyen-Age. Ces pénitentiels sont des ouvrages hautement précieux dont la lecture vous permettrait enfin de rester moralement irréprochables.
Je vous recommande tout particulièrement le manuel de confession écrit par l'évêque de Worms (vers 1010) avec qui vous seriez volontiers parties en vacances. Il s'agit d'un catalogue de péchés avec à chaque fois la peine prévue en réparation.
L'article 166 vous concerne tout particulièrement : "As-tu bu le sperme de ton mari, afin qu'il t'aime davantage grâce à tes agissements diaboliques ? Si oui : 7 ans de pénitence au pain et à l'eau, aux jours fixés.". Et encore, estimez-vous heureuses !
Mais c'est l'article 172 qui me fait surtout penser à vous, lectrices farouches aux fesses d'amazone et aux seins de marbre... "As-tu agi comme font certaines femmes : elles prennent un poisson vivant, l'introduisent dans leur sexe, l'y maintiennent jusqu'à ce qu'il soit mort et après l'avoir cuit ou grillé, le donnent à manger à leur mari pour qu'il s'enflamme davantage pour elles ? Si oui, deux ans de jeûne."
Un conseil : Préférez les espèces sans écailles et ajoutez un petit filet d'huile d'olive. Servez cul-nu.
Bon appétit. 


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