20 mai 2009
Bordel !
Vous le savez les filles, j'ai beau être parfaitement équilibré et structuré, je passe ma vie dans les manuels hygiénistes du 19ème siècle.
Et aujourd'hui, je ne résiste pas à l'envie de vous conseiller une nouvelle lecture, peut-être encore plus passionnante encore que celle de Saint Augustin, dont vous raffolez tant. Il s'agit de la grande œuvre du docteur Alexandre Parent-Duchâtelet qui a réalisé (au milieu du 19ème) une grande enquête de terrain sur les milieux de la prostitution, établissant des statistiques, visitant les bordels, interrogeant les filles - mais toujours accompagné d'un agent des mœurs.
Ce monsieur était effrayé à l'idée que les prostitués contaminent le monde avec leur immoralité. et accordait une grande importance aux fameuses maisons de repentance...
Dans ces conditions, il ne faut pas être trop surpris de la façon dont il les décrit : Molles, adipeuses et fainéantes. Voyez plutôt : "Il faut attribuer cet embonpoint à la grande quantité de bains chauds qu'elles prennent pour la plupart et surtout à leur vie inactive ainsi qu'à la nourriture abondante qu'elles se procurent. Indifférentes à l'avenir, mangeant à chaque instant, consommant beaucoup plus que les autres femmes du peuple qui travaillent péniblement, ne se levant qu'à 10 ou 11 heures du matin, comment, avec une vie aussi animale, n'engraisseraient-elles pas ?"
Au passage, on mesure l'ignorance crasse de ce docteur qui ne connaissait pas mes lectrices aux ventres plats, aux cuisses galbées et fuselées et qui pourtant se lèvent à midi, prennent des bains chauds tous les jours et s'envoient des sangliers rôtis presque tous les soirs (à table hein...).
Bref, vous le voyez, les prostitués n'étaient guère bien considérées, même si l'enquête de notre chère docteur leur concède le sens de la solidarité, l'amour des enfants et une grande ferveur religieuse.
Mais ces quelques qualités ne pèsent pas bien lourd devant le risque que ces dames de petite vertu font courir à la bonne société toute entière. Les prostituées habituent l'homme à la nudité totale de la femme, participent à l'apprentissage de la contraception, offrent des raffinements que le client espère pouvoir reproduire dans le lit conjugal...
Un autre docteur (le Dr Homo) signale ainsi que les filles de la maison de Château-Gontier, en Mayenne, ont habitué les jeunes gens aux plaisirs de la fellation !
Comme quoi, avec du recul, on peut dire qu'elles ont joué un rôle salutaire.
Ce que j'ai envie de montrer à M. Parent-Duchâtelet
16 mai 2009
Utrum aliquis puniatur pro peccato alterius
Moi qui suis passionné par toutes les archives criminelles du 15ème siècle sur cette bonne vieille ville de Dijon, je me fends aujourd'hui d'un bien triste billet sur les viols collectifs.
Si l'ont tient compte du numerus obscurus établi par les socio-criminologues pour cette époque, il faut admettre qu'entre 70 et 80% des cas n'arrivaient pas devant la justice. Sur ces bases, et par des calculs savants et stupéfiants, on peut conclure que plus de la moitié des jeunes gens de Dijon, entre 1440 et 1490, ont sinon violé une fille, au moins participé à une agression sexuelle de ce type.
On retrouve des fréquences similaires dans certaines villes du nord, comme Douai, pour laquelle j'entretiens aussi une passion sans borne.
Que risquaient les agresseurs ?
Tenez-vous bien les filles..
La peine encourue dépendait de la victime. Si le viol avait été perpétré sur une religieuse (cas le plus grave), une épouse ou une vierge, on pouvait être pendu. Mais si la victime avait dépassé l'âge du mariage et si elle était d'une humble condition, (servante, lingère), les coupables pouvaient s'arranger avec la justice en versant à la famille de la victime une indemnité négociée.
Il y a des jours où je ne suis pas très fier d'avoir une bite et où j'aimerais mieux ne pas en avoir.
10 mai 2009
Vous êtes toutes des Juliette Drouet
J'ai toujours été affreusement jaloux de Victor Hugo.
Pas du tout parce qu'il a produit une œuvre éternelle de douze mille pages, dans tous les genres littéraires, avec le succès que l'on sait. Non ça, vraiment... je trouve que c'est très surfait.
J'en suis jaloux pour la raison suivante : Lorsque Victor Hugo vivait à Guernesey, il accomplissait son petit rituel d'ablutions matinales dehors. Bon, jusque là, pas de quoi l'envier de manière maladive. Mais la petite histoire ne s'arrête pas là : Lorsqu'il sortait pour se laver en bravant les rigueurs de l'hiver, des admiratrices l'attendaient déjà, au pied de la maison, dans l'espoir d'apercevoir le grand homme dans le plus simple appareil.
Je vous reconnais bien là les filles.
Et moi par contre, les quelques fois où je me suis lavé dehors, en camping, à Sainte Radégonde des noyers, y avait personne. Per-sonne ! Vous n'en avez que pour ce Victor Hugo...
Pffff... ça m'désole.
Remarquez, à se laver dehors avec de l'eau froide, il ne devait pas tellement faire le fier... 



01 mai 2009
Messaline
Alors que vous les filles, vous profitez négligemment de ce long week-end pour étrenner vos nouvelles chaussures et vous perdre dans des étreintes que la morale réprouve... d'autres refusent courageusement de céder aux joies de ce monde pour consacrer leur vie à l'étude, l'oraison et la prière.
Fatigué des plaisirs de ce siècle, je trouve ainsi refuge dans l'austérité des livres d'histoire. C'est à genoux, que j'aime lire en latin les satires du grand polémiste Juvénal, pour oublier que mes centaines de millions de lectrices se donnent fiévreusement dans des lits froissés jusqu'au petit matin.
Juvénal consacre un de ses pamphlets accusateurs à Messaline, l'épouse de l'empereur Claude. Je me délecte à lire et relire ce grand auteur de l'Antiquité, pour l'élévation et le salut de mon âme.
"Dès qu'elle sentait son mari endormi, la Pute Impériale s'encapuchonnait et s'évanouissait dans la nuit. Camouflant ses cheveux noirs sous une perruque blonde, elle gagnait un bordel moite où un box lui était affecté, elle s'y exhibait, nue, les seins pris dans une résille d'or et proposant la matrice qui t'a porté, noble Britannicus. Elle faisait goûter ses caresses à qui entrait, se faisait payer sa passe, renversée, ouverte, une foule la besognait et y déchargeait, et, quand le bordelier libérait enfin ses filles, elle s'en allait tristement, brûlante encore de sa vulve raide, elle rentrait, fatiguée du mâle mais non repue, crasseuse, rapportant dans l'alcôve auguste le remugle du bordel." (Juvénal, Satires, VI, 115-132, trad. O. Sers, Les Belles Lettres, 1999)
Ah... les joies de l'étude...
Illustration de ma passion pour l'Antiquité
Vous saviez que Caligula aurait ouvert au Palatin un bordel dont les filles étaient recrutées parmi la haute société ?
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