25 octobre 2009
Déjà la cognée est à la racine des arbres
Bonjour les filles,
Aujourd'hui, j'ai cherché à rejeter loin de moi l'image de vos seins gorgés de désir et de vos fesses de marbre et d'airain... C'est donc dans la lecture de l'évangile de Matthieu que je me suis plongé corps et âme. Je pensais trouver dans la généalogie de Jésus de quoi me détourner de vous.
Et qu'ai-je lu ? Des listes de noms, de prénoms... dont certains étaient féminins. Thamar, Rahab, Ruth, Bethsabée... (Je suis certain que parmi mes centaines de millions de lectrices, il y en a une qui s'appelle Thamar... Thamar, si tu m'entends, viens ! Laisse les morts enterrer leurs morts et appelle-moi ! Maintenant ! Tu auras le vit éternel !)
Bref, je pensais trouver la quiétude dans la prestigieuse ascendance de notre sauveur, même si celle-ci n'est que pure création apologétique. Quelle naïveté !
Thamar... Celle qui s'est déguisée en prostituée pour séduire son beau-père.
Rahab... fille de joie et de déshonneur.
Ruth... qui a intrigué pour mettre Booz dans sa couche.
Bethsabée... femme d'Urie mais pourtant maîtresse de David.
Argllll les filles, vous êtes partout : vous répudiez la foi de vos pères, vous outragez la loi, vous obscurcissez la grâce mais finalement, pour baiser, c'est pas gênant.
17 octobre 2009
Deux utopies
L'érotisme nous laisse, comme la sainteté, dans la solitude.
Je ne vous apprends rien les filles.
De même que vous n'êtes pas sans savoir que les comparaisons entre la sainteté et l'érotisme sont légions.
Le marquis de Sade et Saint Ignace de Loyola ont par exemple quantité de traits en commun. Chez les deux, on trouve la même volupté de classification, la même frénésie de découpage du corps (corps du Christ découpé en mystères ou corps de la victime partagé entre différents sévices), la même importance de l'énumération (des péchés ou des supplices).
Chez les deux, on observe l'importance de l'isolement, de la retraite ou même de la cellule (dans un monastère ou dans un chateau isolé). Pour Sade comme pour Ignace de Loyola les séquences (la retraite, l'exercice spirituel ou la séance de débauche) sont soumises à un ordre supérieur : celui du directeur de retraite ou du grand libertin. Chez les deux d'ailleurs, les pratiques (religieuses ou sexuelles) sont dominées par une grande idée de l'ordre.
Chez les deux, le vêtement, la nourriture, la parole, la division de leur société sont réglementés, orientés, raisonnés à dessein. Dans la pratique du libertin comme dans celle du jésuite, le sacré est primordial. Positivement pour le religieux, dans la sacrilège pour Sade qui n'hésite pas à faire des religieux pervertis les plus grands et les plus cruels des libertins... et qui va même jusqu'à faire "enculer une jeune fille avec une hostie".
D'ailleurs, j'irais bien à la messe de minuit, là d'un coup...
Un saint dans sa cellule
10 octobre 2009
Je connais mes droits
Vous le savez les filles, je suis un spécialiste internationalement reconnu du mariage. Souvent, dans les colloques, dans les garden-parties, dans les aéroports ou dans les bordels, des filles me demandent ce qu'il faut penser du mariage.
Débonnaire, je les instruis sans compter ma peine.
Souvent, je leur parle des droits de la mère sur les enfants. Il y a en effet plusieurs sortes de mariage. Dans certains mariages, le père n'a aucun droit légal sur les enfants. C'est le cas des mariages chez les Nayars dans le sud de l'Inde. Évidemment, je leur conseille vivement d'épouser un Nayar... et il n'est pas impossible que par faiblesse, je me sois parfois présenté à certaines comme un authentique Nayar.
Je leur conseille en tout cas d'éviter si possible les systèmes qui excluent tout droit de la famille maternelle. C'était par exemple le système du droit romain. Je les exhorte donc à fuir comme la peste les légionnaires romains et leur gros pilum.
Heureusement, les systèmes fondés sur l'exclusivité des droits du père ou de la mère sont exceptionnels. La plupart des sociétés et des mariages fonctionnent sur des systèmes mixtes de droits bilatéraux. Mais les partages du droit sur les enfants différent beaucoup et parfois au sein d'une même société.
Dans certains groupes, en Malaisie, les enfants appartiennent au père lorsqu'il s'est acquitté en totalité du prix de sa fiancée. Si le paiement n'a pas eu lieu, les enfants appartiennent à la mère et à sa famille. Des faits semblables ont été observés au sud du Nigeria.
Ces variations vous mettent, vous, les filles aux cuisses de marbre et aux sexe de miel, dans une position fort délicate : si vous voulez avoir tous les droits sur vos enfants, il faut choisir un mari pauvre, fauché, misérable. Si vous voulez un homme fortuné, il faudra renoncer à ce que légalement, vos enfants vous appartiennent. Non mais oh. Je ne parle bien sûr que de certains systèmes familiaux et matrimoniaux, en Afrique et en Asie... mais c'est là, j'ignore pourquoi, que je vous imagine trouver l'homme qui vous comblera enfin et que vous épouserez pour le pire du meilleur et le meilleur du pire.
Je dis que cela vous apprendra à tout vouloir, tout de suite, tout le temps.

06 octobre 2009
Du haut de ces pyramides...
Vous n'allez pas me croire les filles. Je pars en croisière sur le Nil.
Ordinairement, j'aurais - comme je le fais à chaque fois - volontiers organisé un tirage au sort afin d'emmener une dizaine d'entre-vous dans mes bagages... mais là je pars seul. Dans le bas Nil.
Tout à commencé dans le métro vers 17h30. Je lisais (à voix haute) un très vieux manuel d'érotologie orientale. Et voici qu'à Bastille, je tombe sur ce passage : "Les femmes byzantines passent pour avoir le sexe très sain mais on leur reproche de l'avoir sans fond et large. Les espagnoles sont les plus belles, les plus parfumées. Les Indiennes, les Chinoises, les Slaves sont les plus moches."
Évidemment, dès Louvre-Rivoli, la rame de métro a été le théâtre d'un débat passionné. Des barcelonaises exultaient, montrant leurs seins ; un monsieur menaçait l'assistance avec son index en hurlant que sa femme était russe... J'ai du changer à Concorde.
J'ai lu la suite en silence : "Les Nubiennes ont des vagins très chauds, des postérieurs plus fournis. Les femmes turques ont le sexe froid. Elles ont l'intelligence fort vive mais sont rancunières. Les Egyptiennes savent tenir les doux propos qui conviennent. Les plus agréables à coïter parmi les Egyptiennes sont les femmes du haut Nil. Mais celles du bas Nil ont les sexes les plus gros et les paysannes sont les plus insatiables." Alors forcément, j'ai déjà réservé un vol pour Le Caire.
Elles vont enfin voir ce qu'est une vraie pyramide.
03 octobre 2009
Jean Pierre, mon latin !
Hey les filles !
Je le sais, vous vous agenouillez souvent, extatiques et dévotes... devant des tableaux du Christ en croix. Ne niez pas, je connais le profil de mes centaines de millions de lectrices. Pourquoi pas après tout ? Je comprends votre émoi et votre penchant pour la pâmoison.
Mais savez-vous que pendant des siècles ces représentations ont posé aux peintres d'énormes problèmes liés à la nudité du crucifié ? Suppliciés, flagellés, les crucifiés étaient nus. Mais bien sûr, s'agissant de la crucifixion du Christ, il n'était pas concevable de montrer le Seigneur dans le plus simple appareil.
C'était d'autant moins imaginable qu'il aurait fallu le représenter circoncis et on touchait là un autre tabou. N'avez-vous jamais remarqué que le David de Michel-Ange n'est curieusement pas circoncis ? Vous qui avez passé des heures à vous déshonorer devant cette statue, vous auriez pu vous en rendre compte.
Quoi qu'il en soit, il fallait bien affirmer que Jésus Christ était un homme véritable, complet dans ses propriétés, notamment pour lutter contre les hérésies qui professaient que Jésus n'était humain qu'en apparence. Mais il n'était pas pensable de dévoiler sa nudité. Sauf en le représentant enfant. Là, c'était permis.
Mais sur la croix et dans l'agonie ?
On a donc peint Jésus ceint d'un voile en dessous duquel sa virilité était visible, mais pas trop quand même hein... ne vous emballez pas. Cependant avec les siècles, certains peintres prirent leur distance avec toutes ces infinies précautions. La pleine humanité du Sauveur était de plus en plus évidente, comme dans Le Christ mort, de Mantegna (1500 - Cf. ci-dessous).
Et de relâchements en audaces, advint ce qui devait arriver : un tableau du Christ supplicié en érection, de Maerten Van Heemskerck, artiste original du début du 16ème siècle. Je vous devine déjà, absorbées dans la méditation de son talent.
Crucifixion - Érection - Résurrection : la belle équation que voilà.
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